l’Omnium Banque Nationale, anciennement la Coupe Rogers

Frédéric Fontang analyse l’excellent début de saison de Félix Auger-Aliassime

4 février, 2022
Félix Auger-Aliassime raises his arms in celebration.

Photo : Martin Sidorjak

Depuis plusieurs années, Félix Auger-Aliassime a le vent en poupe sur le circuit de l’ATP.

Il ne cesse de gravir les échelons du classement depuis son entrée chez les professionnels en 2017, et il occupe actuellement le neuvième rang mondial, soit un sommet personnel. De plus, ses résultats s’améliorent constamment et il compte maintenant trois quarts de finale consécutifs en tournois du Grand Chelem, dont son plus récent aux Internationaux d’Australie.

Le Canadien connaît un début d’année 2022 phénoménal. En effet, il a d’abord mené son équipe vers les grands honneurs de la Coupe ATP avant de faire partie des huit derniers survivants à Melbourne. À un certain moment, il était même en tête de la Course vers Turin — il est cinquième aujourd’hui.   

On pourrait penser que durant la saison morte, Auger-Aliassime a frappé des balles du lever au coucher du soleil, mais selon son entraîneur Frédéric Fontang, le repos a peut-être été la clé de ses récents succès.

« S’accorder une vraie pause a été bénéfique pour lui après s’être hissé au sein du Top 10 pour la première fois et avoir obtenu d’excellents résultats en tournois du Grand Chelem », expliquait Fontang, qui a révélé qu’Auger-Aliassime avait pris trois semaines de congé à la fin de la saison 2021.  

« C’était important même si c’est toujours difficile de couper des tournois pour Félix, mais c’était plus sage parce que même s’il est encore jeune, il faut faire attention, écouter son corps. C’est très important pour la longévité. »

Cette pause n’a pas que servi à la récupération physique. « Il a pu passer du temps en famille, c’était aussi très important de recharger les batteries émotionnelles. »

Lorsqu’Auger-Aliassime a repris la compétition à la Coupe ATP, il était évident que sa saison morte avait été bénéfique.  

L’équipe canadienne a connu un début difficile contre les États-Unis, mais Auger-Aliassime a rapidement mené la charge pour permettre à l’équipe de rebondir.

Fontang a aimé ce qu’il a vu. « [Denis Shapovalov] et Félix se sont poussés l’un et l’autre vers de très hauts niveaux et c’était beau à voir. La victoire de Félix contre [le 3e mondial Alexander] Zverev l’a mis en confiance, puis il a remporté une belle victoire en finale contre [Roberto] Bautista Agut, en mettant en place un des objectifs de cette année qui était d’être plus constant. Même si Félix restera un attaquant, il faut aussi qu’il soit capable de rester dans les échanges avec des contreurs, avec des joueurs solides. »

Il y a également eu des signes avant-coureurs à la Coupe ATP, puisque la seule ombre au tableau d’un tournoi par ailleurs exceptionnel est survenue en demi-finale, face à un adversaire que le Canadien connaît peut-être un peu trop bien.

« Ç’a été un peu plus compliqué contre [Daniil] à la Coupe ATP. Mais ça nous a permis d’essayer de nouvelles tactiques et de faire des ajustements. Déjà, au dernier match en Australie, il avait les outils et les armes tactiques pour gêner Medvedev. »

Auger-Aliassime s’est ressaisi après une défaite en deux manches pour procurer au Canada le titre de la Coupe ATP grâce à un gain aux dépens de Bautista Agut. Fontang décrit la Coupe ATP comme « le meilleur début possible [de la saison]. »

Tout comme à la Coupe ATP, Auger-Aliassime a connu un lent départ à Melbourne.

En tant que Top 10, « Félix est dans une nouvelle dynamique, car il va affronter des joueurs qui vont laisser aller leurs coups, qui vont tenter, comme il le fait contre des joueurs plus forts, de jouer plus librement », expliquait Fontang, qui a décrit les deux premiers adversaires d’Auger-Aliassime comme étant des « joueurs dangereux qui ont des styles de jeu difficiles pour Félix. Des joueurs très solides en fond de terrain, capables de contrer la vitesse de Félix. Des joueurs constants. »

Toutefois, le Canadien était prêt à relever le défi, ce qui a pu s’avérer bénéfique.

« Ce qui conforte un peu, c’est de trouver le chemin de la victoire sans forcément bien jouer contre des joueurs qui laissent aller leurs coups. Il a réussi à passer ces deux obstacles avec un calme mental qui était visible. Ne pas paniquer, rester solide lui a permis de remporter ces deux batailles avant de disputer un match parfait tactiquement contre Dan Evans. »

Encore une fois, l’entraîneur était satisfait de ce qu’il voyait chez son jeune protégé. « Il a bien récupéré, ce qui veut dire que toute l’équipe a bien fait son travail pour la préparation physique, la récupération. Après, il a affronté Cilic contre qui il avait déjà perdu trois fois d’affilée. Grâce à sa boîte à outils, il est allé chercher ses ressources tactiques tout en étant fort mentalement lors des moments importants. Donc il a passé toutes ces épreuves et ça, c’est bon pour la confiance, c’est bon pour son expérience. »

Les Internationaux d’Australie se sont malheureusement terminés d’une façon décevante pour Auger-Aliassime, qui a subi une défaite crève-cœur en cinq manches contre Medvedev en quart de finale après avoir mené par deux manches et avoir eu une balle de match dans sa raquette.  

Cependant, cette défaite comporte des aspects positifs, ce que Fontang n’a pas manqué de souligner.

« Même dans la défaite, il y avait beaucoup de choses positives et ça, il le ressentait aussi. Medvedev est un joueur très dur à battre, mais il y avait beaucoup de choses positives sur le plan tactique, surtout. [Félix] a fait de bonnes choses sur le terrain, toute sa panoplie d’attaquant, d’être capable de varier, d’enchaîner vers l’avant, d’être patient.

« C’est un marathon. Les matchs sont des sprints durant un marathon de trois semaines. Et c’est encore plus d’expérience pour Félix, ce qui est très positif. »

Pour Auger-Aliassime, la clé est de poursuivre sur cette lancée pour le reste de la saison 2022. Il est bien parti, mais il en veut toujours plus.

« Il a fini 11e mondial l’année dernière, il est entré dans le Top 10, c’est sûr que la marche au-dessus c’est de finir dans le Top 10 et de se qualifier pour les Finales de l’ATP. Ce sont nos objectifs avec évidemment de gagner son premier tournoi », ajoutait Fontang. « Mais surtout développer son jeu, développer son physique, continuer à prendre de la maturité, de l’expérience, d’apprendre de toutes ces expériences-là, de continuer à étoffer tout son prisme de joueur de tennis. Pour atteindre tous ces objectifs, il faut bien jouer dans les gros tournois, dans les tournois du Grand Chelem, dans les Masters 1000. Donc il faut être bien préparé, que ce soit physiquement, mentalement ou tennistiquement.

« Félix voit que ce n’est plus seulement du potentiel, c’est la réalité aussi. Bon, il reste des marches à gravir, mais ce sont des choses qui sont de plus en plus concrètes.

« À son niveau maintenant, à chaque tournoi où il se présente, il se présente pour gagner le tournoi. » 

Les prochains tournois au calendrier d’Auger-Aliassime sont les épreuves de catégorie 500 de l’ATP de Rotterdam, Marseille et Dubaï. Il reviendra ensuite en Amérique du Nord pour participer aux tournois d’Indian Wells et de Miami.

Le Montréalais attend avec impatience de jouer devant ses partisans l’été prochain dans le cadre de l’Omnium Banque Nationale, son deuxième tournoi à Montréal.

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