Anciennement la Coupe Rogers

Tebbutt : Novak 2021 – presque une saison de rêve

16 décembre, 2021

Photo: Martin Sidorjak

Pour Novak Djokovic, le couronnement d’une année 2021 mémorable devait être un triomphe aux Internationaux des États-Unis, ce qui lui aurait permis de réaliser le quatrième Grand Chelem calendaire de l’histoire, et le premier depuis celui de l’Australien Rod Laver, il y a plus d’un demi-siècle.

Il avait la possibilité de faire mieux — de réaliser un Grand Chelem doré, s’il avait été en mesure de mettre la main sur la médaille d’or des Jeux olympiques de Tokyo.

Sa domination aux Internationaux d’Australie, à Roland-Garros et à Wimbledon était si rare qu’il était le premier joueur depuis Laver a être à une épreuve près du plus grand exploit au tennis.

Avec le recul, il est facile de dire que sa décision de participer aux Olympiques deux semaines après avoir remporté Wimbledon a compromis ses chances de réaliser le Grand Chelem, et qu’il aurait dû se contenter de mettre ses énergies sur le Grand Chelem calendaire aux Internationaux des États-Unis.

Mais Djokovic est un fier Serbe, presque un dieu dans sa patrie, et il n’avait peut-être pas d’autre choix que de représenter son pays aux Olympiques.

Or, les Jeux de la XXXIIe Olympiade ont été désastreux pour lui. Dans la chaleur étouffante du milieu de l’été à Tokyo, il a souffert et est tombé au combat 1-6, 6-3 et 6-1 aux mains d’Alexander Zverev en demi-finale après avoir mené 6-1 et 3-2, avec un bris en sa faveur. Par la suite, il s’est incliné 6-4, 6-7(6) et 6-3 face à Pablo Carreno Busta lors du duel pour la médaille de bronze — un match lors duquel il était tellement frustré qu’il a lancé sa raquette cinq fois dans des gradins vides au début de la manche ultime.

« Je suis très desappointé », avait dit Djokovic après sa défaite contre Zverev. « Mon service m’a abandonné. Je n’ai pas eu de points gratuits à partir de 3-2 dans la deuxième manche. Mon jeu s’est effondré. »

Il s’est ensuite retiré du match pour la médaille de bronze du double mixte qu’il devait disputer avec sa compatriote Nina Stojanovic.

Après les Olympiques, il a fait l’impasse sur le Masters 1000 de Cincinnati, et à Flushing Meadows, il a eu besoin de quatre manches pour gagner quatre de ses cinq matchs avant d’atteindre le carré d’as. Là, il a encore une fois croisé le fer avec Zverev, dans un match du vendredi soir, et il s’est battu pendant trois heures et 33 minutes avant de s’imposer 4-6, 6-2, 6-4, 4-6 et 6-2, et de n’être qu’à un gain de signer l’exploit de sa carrière. Mais la finale du dimanche s’est révélée trop difficile pour le joueur de 34 ans. Il a conquis le public grâce à sa ténacité, mais Medvedev était trop bon ce jour-là. Pointage final : 6-4, 6-4 et 6-4, pour le Russe.

Même si Zverev et Medvedev ont ruiné le rêve de Djokovic de réaliser un Grand Chelem, le numéro un mondial a pris sa revanche aux dépens du Russe à la fin de la saison, le battant 4-6, 6-3 et 6-3 en finale du Masters 1000 de Paris, mais n’est pas parvenu à en faire autant contre l’Allemand, tombant en des comptes de 7-6(4), 4-6 et 6-3 au carré d’as des Finales de l’ATP à Turin.

Enfin, il a manqué de peu une rencontre potentielle avec Medvedev aux Finales de la Coupe Davis à Madrid. Après avoir porté la Serbie sur son dos en remportant quatre victoires de simple, Djokovic et Filip Krajinovic ont subi la défaite au match de double décisif de la demi-finale contre les Croates Nikola Mektic et Mate Pavic.

Djokovic, qui vise toujours plus haut, souhaitait ardemment remporter une deuxième Coupe Davis, mais il devra se contenter d’avoir égalé le record de 20 titres de grands chelems et d’avoir signé un nouveau record en terminant l’année 2021 au sommet du classement mondial pour la septième fois.

Rafael Nadal a raté sa chance d’ajouter un 14e trophée de Roland-Garros à collection lorsqu’il a plié l’échine 3-6, 6-3, 7-6(4) et 6-2 face à Djokovic en demi-finale alors qu’il souffrait d’un problème au pied. Il a été couronné champion à Barcelone et à Rome, mais après Roland-Garros, il n’a disputé que deux matchs (à Washington) avant de mettre un terme à sa saison et de se retrouver au sixième rang mondial — terminant l’année au sein du Top 10 pour la 17e fois consécutive, soit un record.   

Medvedev (2e), Zverev (3e) et Stefanos Tsitsipas (4e) se sont positionnés comme des menaces légitimes à la domination de Djokovic, de Nadal et de Roger Federer.

Photo: Peter Power/Tennis Canada

Âgé de 25 ans, Medvedev a mené la Russie vers les titres de la Coupe ATP, en février, et de la Coupe Davis, en décembre. De plus, il était finaliste aux Internationaux d’Australie, puis a fait sa grande percée en remportant les Internationaux des États-Unis. Il a également été couronné champion à Marseille, à Majorque et à l’Omnium Banque Nationale présenté par Rogers à Toronto, en plus de participer au match ultime du Masters de Paris et des Finales de l’ATP.

Zverev, qui a joué une grande partie de l’année 2021 sous le coup des allégations de violence domestique de son ancienne copine Olga Sharypova, a connu une saison exceptionnelle en mettant la main sur six titres : Acapulco, Madrid, Olympiques de Tokyo, Cincinnati, Vienne et les Finales de l’ATP. S’il avait récolté des points ATP de niveau 1000 pour son triomphe à Tokyo, il aurait vraiment talonné Medvedev au deuxième rang.

Quant à Tsitsipas, ses moments forts ont été sa victoire à Monte-Carlo et sa finale à Roland-Garros (s’inclinant 6-7[6], 2-6, 6-3, 6-2 et 6-4 face à Djokovic). Il était également finaliste à Barcelone et demi-finaliste à l’Omnium Banque Nationale de Toronto et au Masters 1000 de Cincinnati. À Flushing Meadows, il a subi une défaite crève-cœur de 6-3, 4-6, 7-6(2), 0-6 et 7-6(5) au troisième tour contre l’étoile montante espagnole Carlos Alcaraz. Sa saison a pris fin à l’automne en raison d’une blessure au coude qui a nécessité une opération le mois dernier.

Après sa défaite de 6-1 et 6-2 aux mains de son compatriote et idole Nadal au deuxième tour du tournoi de Madrid en mai, Alcaraz, 18 ans, a orchestré une remarquable ascension pour terminer 2021 au 32e échelon. Il a conquis son premier titre à Umag, en Croatie, a atteint les quarts de finale des Internationaux des États-Unis, le carré d’as à Winston Salem et à Vienne pour terminer l’année en tant que meilleur de son âge depuis l’Ukrainien Andrei Medvedev (24e) en 1992. Malheureusement, un diagnostic de COVID-19 l’a empêché de faire ses débuts très attendus à la Coupe Davis, le mois dernier.   

Pas tout à fait l’Emma Raducanu du circuit masculin, Alcaraz semble avoir un potentiel illimité sous la direction de Juan Carlos Ferrero, champion de Roland-Garros en 2003.  

Deux autres joueurs ont impressionné en 2021. Casper Ruud, 22 ans, a remporté cinq tournois de catégorie 250 à Genève, Bastad, Gstaad, Kitzbuhel et San Diego pour terminer l’année au huitième rang, alors que Jannik Sinner, 20 ans, a poursuivi son ascension en récoltant quatre trophées, soit Melbourne 1, Washington, Sofia et Anvers, pour prendre la dixième place.

Le Canada aurait pu avoir son deuxième joueur à figurer dans le Top 10 du classement de fin d’année (Milos Raonic en 2014 et en 2016) si une blessure n’avait pas contraint Matteo Berrettini à se retirer des Finales de l’ATP après avoir disputé un match. Son compatriote Sinner était le premier remplaçant et en gagnant un match, contre Hubert Hurkacz, il a récolté 200 points, juste assez pour devancer Félix Auger-Aliassime par 42 points pour le dixième échelon.

La chance de Sinner a réduit à une semaine le séjour d’Auger-Aliassime dans le Top 10 — du 15 au 22 novembre. Le Montréalais de 21 ans n’a pas vraiment atteint sa vitesse de croisière en 2021 avant la saison sur gazon lors de laquelle il a atteint la finale à Stuttgart (ATP 250), la demi-finale à Halle (ATP 500) et les quarts de finale à Wimbledon.

Photo: Martin Sidorjak

Il a conclu l’année des grands chelems en accédant à la demi-finale des Internationaux des États-Unis avant de tomber aux mains de Medvedev en des comptes de 6-4, 7-5 et 6-2.

L’année de Denis Shapovalov peut se résumer à un seul point en demi-finale de Wimbledon contre Djokovic. Il n’avait perdu que deux points sur son service lorsqu’il a servi pour la première manche à 5-4. À 30-30, il a raté un coup droit dans un court ouvert qui lui aurait donné une balle de manche. Cela aurait été une occasion en or et probablement sa meilleure chance dans un superbe duel sur le court central qui s’est terminé 7-6(3), 7-5 et 7-5 pour le Serbe.

« Je pense qu’il a été le meilleur joueur pendant les deux premières manches », avait admis Djokovic. « Je crois que j’ai mieux géré la pression dans les moments importants. Je l’ai fait jouer un coup de plus, lui ouvrant la porte pour commettre des fautes directes. »

Photo: Martin Sidorjak

Malgré la déception, ce résultat a permis à Shapovalov s’occuper son meilleur classement à vie (10e) pendant huit semaines, soit du 12 juillet au 30 août. Sa saison s’est terminée après une présence en finale à Stockholm (perdu contre Tommy Paul) et il termine l’année au 14e échelon. Raonic s’est blessé au mollet à l’Open de Miami, en mars, et il n’a disputé qu’un match de plus (Atlanta) en 2021, ce qui a fait chuter son classement de la 14e à la 70e place.

Vasek Pospisil a également perdu des plumes au classement, passant du 61e au 133e rang, au cours d’une année où il a fait l’impasse sur la saison sur terre battue et n’a gagné qu’une seule fois (à Eastbourne, en juin) deux matchs dans un tournoi. Son engagement avec l’Association des joueurs de tennis professionnel et un problème de dos à l’automne l’ont probablement empêché de retrouver la forme en 2021.

Le mois dernier, aux Finales de la Coupe Davis, le Canada, privé des services d’Auger-Aliassime, de Shapovalov et de Raonic, a été éliminé après des défaites de 3-0 contre la Suède et le Kazakhstan au tournoi à la ronde.

Pour les inconditionnels de Roger Federer, le maître suisse reste au 16e rang et son classement comprend encore des points de Wimbledon 2019, Madrid 2019 et Miami 2019, ainsi que de Roland-Garros 2021, Internationaux d’Australie 2020, Doha 2021 et Halle 2019 — dont les derniers (600 de Wimbledon 2019) ne disparaîtront qu’en juillet.  

Feature Photo: Martin Sidorjak

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