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WTA

RIVARD: JOYEUX FÉVRIER !

par Paul Rivard

7 février 2023

Gibson, Williams, Gauff. Trois époques et trois noms de joueuses de tennis noires. Dont les prénoms résonnent plus fort encore : Althea, Venus et Serena, Coco.

La première était une des plus grandes joueuses de tennis de son époque, doublée d’une golfeuse de classe mondiale. Une athlète complète, exceptionnelle.

Les secondes ont marqué puis dominé le tennis au cours de carrières de plus de 25 ans. Surtout, elles ont donné l’espoir à d’innombrables jeunes filles de pouvoir rêver.

Quant à la dernière, qui doit beaucoup aux précédentes, elle pourrait bien remporter plusieurs tournois, majeurs ou pas, dans les prochaines années. Et pourquoi pas le prochain Omnium Banque Nationale (OBN) en août prochain.

Ces femmes ont en commun la couleur de leur peau et elles ont été des moteurs de changements dans l’industrie du divertissement sportif. Comme dans la société en général, assurément.

COCO

Vous êtes bien sûr familiers avec les réalisations de Corie « Coco » Gauff. Cette enfant prodige a été identifiée dès le début de l’adolescence comme la prochaine grande vedette de la WTA. Et elle a déjà livré la marchandise.

Photo : Getty

Avant l’âge de 19 ans, elle revendiquait déjà trois titres et une finale en tournois majeurs (Roland-Garros 2022). Elle s’est aussi établie comme une redoutable joueuse de double. Avec trois partenaires différentes, elle a déjà remporté six titres et participé à deux finales en tournois majeurs. Elle est déjà identifiée comme une digne héritière des sœurs Williams.

Saura-t-elle approcher du palmarès quasiment irréel des frangines ? Pas impossible, mais peu probable. Elle n’a pas à être une autre Williams. Car elle est Gauff.

VENUS ET SERENA

Ce que Venus et Serena Williams ont accompli, ça relève de l’exploit. 122 titres en simple, dont 30 en tournois du Grand Chelem et 45 titres en double, dont 28 en tournois du Grand Chelem.

Photo : Getty


Leur richesse, accumulée sur les courts et en dehors, sera difficilement imitable aussi. Si leur fortune combinée entre les lignes du terrain est de 138 M$, ajoutez 219 M$ pour obtenir le total de 357 M$ depuis qu’elles ont commencé leur parcours professionnel au milieu des années 1990.

Voilà bien des présences qui nous manqueront sur le Court central du Stade IGA en août prochain. Du moins celle de Serena… car un mince espoir subsiste de voir Venus continuer à vivre sa passion au-delà de son 43e anniversaire de naissance. Croisons les doigts.

ALTHEA

Quant à celle qui fut une pionnière et une battante d’un autre type, toutes celles qui ont suivi peuvent la remercier. Althea Gibson a été la première à défoncer résolument cette barrière raciale dans le tennis féminin.

Photo : AELTC

Douze ans avant Arthur Ashe, elle a été la première afro-américaine à remporter le titre d’une épreuve du Grand Chelem. En fait, elle en compte 11, dont cinq en simple. Son premier succès survint sur l’ocre de Roland-Garros en 1956. Puis, en 1957 et 1958, elle a remporté le doublé Wimbledon-Internationaux des États-Unis coup sur coup.

Ces exploits lui ont valu d’être la deuxième Afro-Américaine à avoir droit à un défilé visant à honorer un titre important dans le monde du sport. Après Jesse Owens, quadruple médaillé d’or des Jeux de Berlin en 1936.

Photo : Wikipedia Commons

Malgré tout, la ségrégation raciale était encore bien présente et, dans ce contexte, celle qui avait toujours le statut d’amateur – vous avez bien lu – a dû mettre fin à sa carrière en 1958 en raison de difficultés financières. Elle avait alors remporté 56 victoires en tournois nationaux et internationaux.

Son premier livre, publié en 1960, s’intitulait : J’ai toujours voulu être quelqu’un

Photo : GreaterDiversity.com


PIONNIÈRES ET DISCIPLES

Oui, février est le mois consacré à l’histoire des Noirs aux États-Unis, depuis 1976, ainsi qu’au Canada, depuis 1995. Le Royaume-Uni et l’Irlande la célèbrent également, mais en octobre.

Dans l’histoire du tennis professionnel, selon les différents répertoires, on peut évaluer à plus de 80 athlètes noirs suffisamment connus au tennis mondial, tous genres et toutes époques confondus. Si ce total vous semble peu élevé, vous avez raison. Surtout en regard aux centaines de milliers d’athlètes qui ont arpenté les courts lors des 145 dernières années, soit depuis la toute première compétition (Wimbledon 1877).

Mais depuis l’époque des Althea Gibson ou Arthur Ashe, c’est appréciable. Et leur exemple a servi à embrigader des tas d’autres athlètes qui ont contribué à faire leur place au fil des décennies.

Et il y en aura toujours plus.

Car, après Gibson ont suivi les Renee Blount, Zina Garrison, Lori McNeil, Chanda Rubin et Alexandra Stevenson, pour ne nommer que les plus connues.

Puis, les célébrissimes sœurs Williams.

Suivies, elles-mêmes, par leurs compatriotes Naomi Osaka, Sloane Stevens, Madison Keyes, Taylor Townsend, Sachia Vickery et Asia Muhammad ainsi que la Britannique Heather Watson.

Et la relève pointe à l’horizon.

La prodigieuse adolescente britannique Hephzibah Oluwadare, 15 ans, s’amène en compagnie des Américaines Robin Montgomery, 18 ans, et Alycia Parks, 22 ans.

ALYCIA

D’ailleurs, pourquoi ne pas terminer ce texte en vous montrant ce que Parks a réussi pour amorcer ce mois très spécial.

Photo : James Richardson

C’était en quart de finale du tournoi intérieur de Lyon. Piégée par ce lob de la Croate Petra Martic, Parks a répliqué par une combinaison « tweener-lob » d’un seul coup de raquette.

En 2022, Parks a grugé près de 140 places au classement. En trois semaines, l’automne dernier, elle a enchaîné une demi-finale d’un tournoi ITF (80) en Espagne, avant de remporter coup sur coup des tournois WTA (125) en Andorre et en France, passant du 150e au 75e rang.

Et elle a remis ça à Lyon, le 5 février, en remportant une autre finale, sa plus importante (WTA 250). Et pas contre n’importe qui… la cinquième mondiale et grande favorite locale, la Française Caroline Garcia, ce qui lui permet de cogner à la porte du Top 50.

Ce février emblématique souriait donc admirablement à la jeune Américaine. Le début du mois d’août lui sourira peut-être autant, à Montréal.

Photo : Panoramic