

Gael Monfils
Le compte à rebours est commencé : il ne reste plus que 70 jours avant l’Omnium Banque Nationale présenté par Rogers à Montréal.
Nous avons pensé que c’était le moment idéal pour faire le point avec la directrice du tournoi, Valérie Tétreault, et discuter des préparatifs pour le tournoi, de l’évolution de la saison de l’ATP jusqu’à présent, ainsi que de la fièvre des séries éliminatoires de hockey qui s’est emparée de la ville grâce aux Canadiens et à la Victoire.
*L’entrevue suivante a été révisée uniquement pour des raisons de clarté et de fluidité.
Tennis Canada : Nous en sommes déjà au quart du calendrier du tennis et Roland-Garros est sur le point de commencer. Quels sont, selon vous, les principaux enseignements à tirer de l’ATP jusqu’à présent, et qu’avez-vous le plus hâte de suivre dans les semaines à venir ?
Valérie Tétreault : Déjà on a eu du gros tennis du côté masculin, sans surprise. Lorsque j’ai commencé à réfléchir à la première partie de la saison, la première chose qui m’est venue à l’esprit, c’est que s’il y en a qui se demandaient si la domination de Carlos Alcaraz et Jannik Sinner allait se poursuivre, on peut dire qu’elle a continué, peut-être encore plus que jamais. On a l’impression qu’il y a ces deux-là, puis le reste. C’est plus une question de comment tu te positionnes parmi le reste. Cette rivalité est en train de devenir le nouveau Rafael Nadal-Roger Federer, leurs affrontements sont attendus.
Si je me projette, je rêve évidemment de voir un autre joueur canadien remporter le tournoi parce que c’était incroyable l’été passé. Sinon, c’est aussi plaisant de voir que Félix (Auger-Aliassime) a été capable de poursuivre sur sa belle lancée de la deuxième moitié de la saison 2025, et il a la possibilité de se hisser au quatrième rang mondial dans les prochains mois. J’aime aussi suivre Joao Fonseca et Learner Tien. On voit qu’ils continuent de se développer et de s’améliorer.
Tennis Canada : Il reste officiellement moins de 100 jours avant le tournoi. Quels sont les grands projets et initiatives sur lesquels l’équipe travaille en ce moment ?
Valérie Tétreault : C’est une de mes périodes préférées de l’année, parce qu’on commence à sentir la fébrilité dans nos bureaux. On passe à la vitesse supérieure, on prend plus de décisions. On commence à avoir une meilleure idée de la programmation, de la façon dont le tournoi va se passer. Beaucoup de personnes se joindront à l’équipe dans les prochaines semaines pour nous donner un soutien supplémentaire. On ressent l’engouement et on surfe encore sur la vague de l’été dernier. On souhaite que cette vague nous porte jusqu’au tournoi.
LIRE : Le guide pratique pour vivre pleinement notre terrain de jeu à l’OBN 2026
Tennis Canada : En parlant de projets, qu’y a-t-il actuellement sur le bureau de la directrice du tournoi au moment où les préparatifs s’intensifient ?
Valérie Tétreault : Dans les derniers mois, il y a une bonne partie de mon temps qui a été consacrée à notre plan à plus long terme. On a certains enjeux avec nos infrastructures actuelles. Les discussions avancent bien, ce qui nous permet de mieux comprendre quels financements on peut obtenir pour nous aider à avoir des installations à la hauteur d’un tournoi de notre envergure et pour assurer la pérennité non seulement du tournoi, mais aussi de notre modèle, parce que le développement du tennis au pays dépend largement des surplus que le tournoi peut générer. Bien honnêtement, c’est le plus gros projet sur mon bureau. C’est très complexe et cela exige de plus en plus de temps. C’est aussi la période de l’année où on commence à parler avec certains joueurs, où on commence à regarder la situation des laissez-passer, où on prend des décisions plus stratégiques sur ce qu’on va faire au tournoi cet été.
L’autre élément important, c’est la rencontre de la Coupe Davis du mois de septembre entre le Canada et la France. Je pense que ça va être une des plus grosses rencontres de notre histoire. C’est excitant de savoir qu’après l’OBN, il y aura une autre compétition d’envergure au Québec.
Tennis Canada : Quelques joueurs très appréciés ont annoncé leur retraite cette saison, notamment Gaël Monfils et Stan Wawrinka. Je sais que les amateurs sont impatients de savoir si Montréal fera partie de leurs adieux au tennis. Auriez-vous des informations à nous communiquer à leur sujet ou concernant d’autres joueurs ?
Valérie Tétreault : J’ai reçu la première demande officielle de laissez-passer de la part de l’équipe de Gaël Monfils, qui aimerait beaucoup disputer une dernière fois le tournoi de Montréal. On sait qu’il a connu du succès ici, qu’il est aimé du public. Je dirais que c’est une année particulière dans ce sens-là, parce que, du côté masculin, on a cinq laissez-passer pour le tableau principal et c’est sûr que, de prime abord, le but des laissez-passer, c’est d’aider les joueurs canadiens. Toutefois, il y a aussi des occasions de rehausser le spectacle pour les amateurs qui assistent au tournoi et c’est ce qu’on est en train d’évaluer. On ne s’attendait pas nécessairement à avoir plein d’options intéressantes, mais finalement, je pense qu’il va falloir attendre encore quelques semaines avant de faire des choix. Il y a aussi des joueurs sur notre radar qui glissent un peu au classement qui pourrait avoir besoin d’un laissez-passer, il y a Matteo Berrettini, il y a Stefanos Tsitsipas, il y a Grigor Dimitrov. Je pense qu’il va y avoir des choix difficiles à faire. Je serais curieuse d’avoir l’opinion des amateurs d’ici ! Je pense que ça peut nous donner des matchs de premier tour qui sont encore plus intéressants.
Tennis Canada : La Victoire de Montréal a remporté la Coupe Walter. Que représente ce titre historique pour la ville et pour le sport féminin ?
Valérie Tétreault : La conquête de la Coupe Walter par la Victoire de Montréal représente un moment extrêmement fort pour le sport féminin au Québec et au Canada. Ce succès dépasse celui du championnat lui-même. Il témoigne de la croissance exceptionnelle du sport féminin, notamment au niveau de l’intérêt du public, de l’engagement des partenaires et de la qualité des athlètes et des produits présentés. Voir des amphithéâtres pleins, des jeunes filles (et des jeunes garçons !) inspirées et des organisations ambitieuses continuer de repousser les limites démontre que nous assistons à un véritable changement de culture dans le sport. C’est inspirant pour l’ensemble de l’industrie sportive canadienne. Nous espérons d’ailleurs avoir l’occasion de célébrer cette conquête avec l’équipe à l’Omnium Banque Nationale cet été.
Tennis Canada : Les Canadiens de Montréal vivent eux aussi des séries éliminatoires exceptionnelles. En quoi cet engouement contribue-t-il à promouvoir l’OBN ?
Valérie Tétreault : On voit à quel point le sport peut rassembler et ça nous fait du bien. Le hockey nous fait vibrer en même temps et nous aussi, on embarque dans le mouvement. On ne se le cachera pas, quand les Canadiens sont en séries, il n’y a pas beaucoup de place pour autre chose. Il va falloir être stratégique sur la façon de promouvoir le tournoi pour s’assurer de faire du bruit aux moments opportuns, mais, comme tout le monde, on encourage et on suit avec grand, grand intérêt.