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ATP

ENTRE LES LIGNES : UN RETOUR AU SOMMET POUR LE TENNIS MASCULIN AMÉRICAIN

par Mike McIntyre

28 février 2023

Bienvenue à la première édition d’Entre les lignes, une chronique hebdomadaire que j’écrirai pour l’Omnium Banque Nationale et dans laquelle je vous présenterai des nouvelles et des sujets d’actualité du monde du tennis masculin.

En tant qu’amateur de tennis à la fin des années 1980 et au début des années 1990, j’ai eu la chance d’assister à une ère grandiose pour le tennis masculin américain.

J’ai non seulement été témoin de la fin des illustres carrières de Jimmy Connors et de John McEnroe, j’ai aussi vu Andre Agassi, Pete Sampras, Jim Courier et Michael Chang dans leurs moments de gloire. Ils étaient tous des champions de tournois du Grand Chelem et avaient représenté leur pays aux Jeux olympiques et à la Coupe Davis, qu’ils ont conquise à trois reprises en six ans.

Si mes enfants aujourd’hui s’émerveillent devant les réalisations des Canadiens et sont de grands partisans de Félix Auger-Aliassime et de Denis Shapovalov, mes premiers souvenirs de tennis sont ceux des Américains Connors et Mac. Leur tempérament sur le court correspondait au mien à l’époque, que puis-dire de plus ?

Ces dernières années, j’ai eu l’occasion d’interviewer Connors. Au cours de ma première conférence de presse avec lui, j’ai été interrompu avant de pouvoir poser une question complémentaire à la suite de sa cérémonie d’intronisation au Temple de la renommée de l’Omnium Banque Nationale. Avant que je puisse déplorer l’occasion manquée, Connors est intervenu en mon nom et a dit : « Je crois que Mike a une autre question pour moi ». Pour un jeune journaliste, ç’a été un moment très valorisant que je n’oublierai jamais.

En 2020, Ben Lewis et moi avons interviewé Connors dans le cadre du balado Match Point Canada. Cela avait été une occasion en or de pouvoir m’entretenir pendant aussi longtemps avec une de mes idoles de jeunesse.

Parmi les autres réalisations notables chez les Américains, il faut souligner le premier titre majeur d’Agassi à Wimbledon en 1992, ainsi que son triomphe inattendu à Roland-Garros en 1999, l’exploit de Sampras qui a remporté sept couronnes de Wimbledon en huit ans, et Michael Chang, qui a dû recourir à un service à la cuillère pour venir à bout d’Ivan Lendl au quatrième tour de Roland-Garros en route vers la conquête du titre, à 17 ans, aux dépens de Stefan Edberg.

Alors que les hommes qui ont porté le flambeau du tennis américain dans les années 1990 commençaient à prendre leur retraite, Andy Roddick a représenté la relève de la garde. Bien qu’il n’ait remporté qu’un seul titre majeur, les Internationaux des États-Unis de 2003, il était, à mon avis, bien plus talentueux que cela. Combien de fois Roger Federer a-t-il arrêté son parcours à Wimbledon, un tournoi où il aurait assurément battu n’importe quel autre joueur ?

Le puissant service de Roddick, ses volées sur le gazon de Wimbledon et sa confiance/insolence me plaisaient et ont permis aux amateurs américains de continuer à s’intéresser au tennis masculin. Lorsqu’il a accroché sa raquette juste avant son 30e anniversaire de naissance, les choses se sont dégradées rapidement pour ses compatriotes de l’ATP Tour.

Depuis, les amateurs de tennis américains attendent le retour au sommet d’un des leurs, tout en ayant eu la fierté de voir Serena Williams dominer la scène du tennis féminin en récoltant 23 titres de tournois du Grand Chelem, alors que d’autres comme Venus, Sloane Stephens et Sofia Kenin s’illustraient également dans les grands tournois.

Récemment, les joueurs américains ont laissé planer quelques espoirs. La semaine dernière, Taylor Fritz est devenu le premier Américain depuis Roddick à se hisser dans le Top 5.

« Être le premier Américain dans le Top 5 depuis [Roddick] est un très grand honneur et j’espère me rendre encore plus loin », a mentionné Fritz.

Fritz pourrait-il devenir un grand champion ? En 2022, il a prouvé qu’il était capable de gagner des matchs importants, comme en témoigne son triomphe aux dépens de Rafael Nadal à Indian Wells. Ce succès a été immortalisé par la docusérie « Balle de bris » de Netflix, qui a mis en lumière l’importance de cet exploit pour le jeune joueur.

Fritz connaît une belle progression depuis les dernières années et, tout en reconnaissant son récent exploit, il a indiqué qu’il devait éviter que cela devienne une distraction.

« C’est évidemment très excitant d’être dans le Top 5, mais je dois me concentrer sur la semaine du tournoi et non pas sur le classement. »

Fritz est loin d’être le seul Américain à figurer dans les hautes sphères du classement de l’ATP. En fait, ils sont neuf dans le Top 50. À l’exception du vétéran John Isner, âgé de 37 ans, ils ont tous moins de 25 ans, ce qui augure bien pour l’avenir du tennis masculin américain.

Même si j’ai grandi en admirant les exploits des vedettes américaines, j’apprécie encore plus les exploits des dernières années de nos Canadiens. J’ai souvent pensé que ce serait fantastique si nous pouvions avoir une rivalité entre les joueurs américains et canadiens, un peu comme celle que nous avons entre nos équipes nationales au hockey. Peut-être même qu’une compétition transfrontalière — au meilleur de sept rencontres — pourrait être intéressante.

Le tennis a besoin d’un regain d’énergie en Amérique du Nord et je crois qu’une compétition de ce genre pourrait contribuer à créer un engouement pour ce sport dans les deux pays. La saison de tennis est déjà très occupée, mais la plupart des pros semblent assez disposés à disputer des matchs de démonstration en décembre. Nous avons beaucoup d’amphithéâtres intérieurs qui pourraient accueillir ce genre d’activité, donc ce n’est pas irréaliste. De plus, grâce à l’émergence des talents américains, nous avons maintenant un groupe de joueurs assez homogène entre les deux pays qui, je crois, portera ce sport vers de nouveaux sommets dans les prochaines années.