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WTA

RIVARD : TCHÈQUES – LA MENACE

par Paul Rivard

21 mars 2023

Elles ne sont pas partout, mais presque.

En simple, en double. Et dans les rangs supérieurs des classements.

Depuis des années, les joueuses de tennis de la Tchéquie sont abonnées au succès. Qu’il s’agisse de la WTA ou de la Coupe Billie Jean King, elles font partie de la réalité du tennis au 21e siècle. Au grand dam de leurs rivales.

Le prochain Omnium Banque Nationale à Montréal n’échappera pas à la prise de conscience. La même que celle des autres tournois de la WTA. Il y aura beaucoup de Tchèques et elles joueront sur les deux tableaux.

En double, le duo numéro un est justement originaire de ce pays.

UNE PAIRE… HORS-PAIR

Katerina Siniakova et Barbora Krejcikova occupent respectivement le premier et le deuxième rang du classement, ayant conforté leur avance sur leurs plus proches poursuivantes grâce à un titre au tournoi d’Indian Wells. En finale, elles ont disposé de la Brésilienne Beatriz Hadad Maia et de l’Allemande Laura Siegemund, 6-1, 6-7(3) et 10-7.

Si on remonte aux Internationaux des États-Unis, cette paire a disputé six tournois desquels elle revendique une demi-finale et cinq finales. Et de ces cinq finales, elles ont enlevé trois titres, dont deux en Grand Chelem.

Pas surprenant qu’elles occupent les deux premiers rangs mondiaux.

Il y a six joueuses tchèques dans le Top 100 du double de la WTA. Mais il faut regarder du côté du simple pour voir ce nombre augmenter.

Avant l’exclusion de Marketa Vondrousova, le lundi 20 mars, elles étaient neuf dans le Top 100. Note particulière : les huit joueuses actuelles de la Tchéquie sont, en fait, dans le Top 55.

Impressionnant.

Armada tchèque/WTA (20 mars 2023)

  • 12e – Petra Kvitova
  • 13e – Barbora Krejcikova
  • 17e – Karolina Pliskova
  • 36e – Marie Bouzkova
  • 46e – Katerina Siniakova
  • 51e – Linda Fruhvirtova
  • 52e – Linda Noskova
  • 55e – Karolina Muchova

Et la relève est là. Noskova (52e) est âgée de 18 ans seulement. Fruhvirtova (51e) n’a que 17 ans, et sa sœur cadette Brenda, 15 ans, arrive au 142e échelon.

Sans oublier une autre adolescente, Sara Bejlek (170e), qui vient d’avoir 17 ans.

QUELLE EST LA RECETTE ?

Comment expliquer la présence foisonnante de joueuses de ce pays dans les segments supérieurs des classements, et ce, depuis plusieurs années ?

Seuls les États-Unis font mieux avec 15 Américaines dans le Top 100. Cela dit, on parle d’une population de 300 millions d’habitants, soit 30 fois plus que la Tchéquie qui en compte 10 millions.

L’une des réponses se trouve peut-être dans la carrière de la plus prolifique joueuse de tous les temps, Martina Navratilova, née à Prague, capitale de Tchéquie

En fouillant sur un forum de discussion (Quora), j’ai remarqué l’intervention d’Eva Horova, native de Brno, en Tchéquie. En réponse à un internaute se référant à l’ancienne Tchécoslovaquie, elle a fait cette mise au point.

« Martina N. est née en 1956, en Tchéquie (la portion non slovaque de l’ex-Tchécoslovaquie). Les républiques, les royaumes et autres régimes disparaissent, mais la terre demeure. Tout comme le tennis. »

Il n’y a, en effet, qu’une seule Slovaque dans le Top 100. C’est Anna-Karolina Smiedlova et elle est… 100e. Pour trouver les huit meilleures joueuses de la Slovaquie, il faut descendre jusqu’à la 560e place.

Il y a bien eu une époque où les Slovaques Daniela Hantuchova (5e, en 2002), Dominika Cibulkova (4e, en 2017), Barbora Strycova (16e, en 2017) et Magdalena Rybarikova (17e, en 2018) ont connu des heures de gloire. Mais elles sont une quantité négligeable si on se réfère aux succès tchèques du présent millénaire.

Oui, la fierté nationaliste est un facteur à ne pas négliger. Il suffit d’un modèle solide pour inspirer une nation. Nous le voyons au Canada avec l’exemple des Raonic, Marino et Bouchard qui ont inspiré les Andreescu, Fernandez, Shapovalov et Auger-Aliassime.

Mais il y a un peu plus.

Il y a quelques mois, dans un article paru dans le site Web de Radio Prague International, Jaroslav Plasil, reporter de tennis de la radio tchèque, a avancé quelques éléments d’explications. Il a rappelé qu’il y avait seulement trois hommes dans le tableau principal des récents Internationaux d’Australie comparativement à 10 femmes.

Selon lui, la présence constante de joueuses tchèques dans l’élite mondiale n’est pas le résultat d’un système « de formation miraculeux ».

« Je dirais qu’en République tchèque, le système de compétitions dès le plus jeune âge est plutôt bien organisé par rapport à ce qui se fait dans les autres pays. Cela stimule la concurrence entre joueuses, comme les centres d’entraînement qui peuvent prendre le relais des parents, car tous n’ont pas forcément les moyens de financer les carrières de leurs filles. »

Selon lui, le tennis en République tchèque est l’un des sports les plus prisés par les jeunes filles.

« Chez les garçons, vous avez plein d’autres sports que tous les enfants peuvent ou ont envie de pratiquer comme le foot (soccer) ou le hockey. Chez les filles, c’est moins évident. Pour elles, le tennis n’est pas qu’un troisième, quatrième ou cinquième choix. C’est pourquoi les plus talentueuses font du tennis, tandis que chez les garçons, c’est beaucoup moins le cas »,conclut-il.

En août prochain, si on tient compte des probabilités, il se pourrait qu’une joueuse tchèque reparte avec le trophée. À moins que ce ne soit une Américaine ou une Russe, ou même une Italienne, une Espagnole ou une Chinoise ? Car ce sont les nations les plus représentées dans le Top 100 mondial.

Ce tableau vient d’un dossier publié sur le site de Tennis Canada, dans mon autre blogue, au début de février.

PHOTO SOUVENIR DE L’OBN

Après sa formidable émergence aux Internationaux des États-Unis en 2021, Leylah Annie Fernandez a cueilli les commandites offertes comme des pommes mûres dans un verger, l’automne venu.

Pas surprenant de la voir ainsi, avec l’un des produits qui s’y sont associés, dans une des stations du métro montréalais près du Stade IGA lors de l’Omnium Banque Nationale de 2022.

En effet, quoi de mieux comme visibilité pour ces entreprises que ces guérites où déferlaient par vagues, ces amateurs, et ce plusieurs fois par jour, pendant les 10 journées d’activité du tournoi.